Traite des personnes à des fins de travail à l'échelle internationale

Mon Histoire : Je suis venu au Canada en 2012 pour travailler. Cependant, j’ai vite découvert que j’avais été trompé et que l’on m’avait vendu à une famille pour travailler sans être payé. J’étais détenu contre ma volonté et même si j’ai pu m’enfuir, ma vie était menacée. J’ai témoigné contre ceux aux achetaient et vendaient des gens à partir de l’Europe pour les soumettre au travail forcé et j’ai aussi témoigné contre ceux qui ont utilisé des gens au Canada pour les faire travailler de force. – CarlLes travailleurs étrangers contribuent à l'économie canadienne. Toutefois, les travailleurs venant de pays étrangers peuvent être vulnérables à la traite à des fins de travail. La vulnérabilité des travailleurs étrangers temporaires, comme les aides familiales à domicile, les bonnes d'enfants, les travailleurs agricoles saisonniers, les travailleurs domestiques et autres qui n'ont pas le statut de résident permanent au Canada soulèvent de plus en plus d'inquiétudes au pays. « Les trafiquants profitent du fait que le sort des travailleurs étrangers est plus à risque en raison de leur isolement, de la barrière linguistique et du manque de connaissance de leurs droits au Canada. »

(Plan d'action national de lutte contre la traite de personnes de la Colombie-Britannique (PDF))

Pour obtenir un permis de travail, les travailleurs temporaires étrangers sont tenus de ne travailler que pour un seul employeur et deviennent ainsi parfois des victimes de traite à des fins de travail par des employeurs peu scrupuleux. Ces employeurs et trafiquants ont souvent recours à la coercition, aux menaces et à la violence pour forcer les travailleurs vulnérables à travailler de très longues heures, pour un salaire dérisoire ou sans salaire du tout, et, en général, dans des conditions de travail dangereuses. En raison du peu de compréhension qu'ils ont des lois canadiennes, les travailleurs temporaires étrangers se sentent souvent pris au piège quand ils se retrouvent dans cette situation et ne savent pas à qui s'adresser pour obtenir de l'aide.

Les trafiquants font usage de menaces d'expulsion et saisissent les passeports et autres documents d'identité afin de placer et de maintenir ces travailleurs sous leur domination. La plupart des travailleurs temporaires ne connaissent pas les lois interdisant la traite des personnes au Canada; ils ne sont pas non plus au courant des autres services et du soutien dont ils pourraient profiter ou encore, des droits qu'ils peuvent faire valoir, comme celui de déposer une réclamation pour salaire impayé.

Mon Histoire : Avant, je faisais confiance aux gens, mais maintenant je ne crois pas ce qu’ils disent. J’ai peur d’accepter l’aide de quelqu’un. J’ai essayé d’avoir une vie meilleure. J’aurais une vie meilleure en faisant confiance aux gens. Maintenant, j’ai changé. Je suis une bonne mère, une bonne fille; je ne fais jamais rien de mal. J’aide les gens et j’espère la même chose d’eux. J’ai fait de bonnes choses et j’ai travaillé dur pour M. Orr. Je croyais que mes enfants pourraient venir me rejoindre quand ce serait le temps. – Leticia

Servitude domestique

La GRC a mis en évidence des « indicateurs importants de traite des personnes » dans plusieurs cas impliquant des travailleurs domestiques étrangers qui ont été introduits illégalement au Canada par leur employeur. « Ces travailleurs domestiques résidants ont été soumis, menacés, sous-payés et forcés à travailler par leur employeur. »

En Colombie-Britannique, un homme nommé Franco Orr a été trouvé coupable de traite pour avoir trompé une bonne d'enfants philippine qui avait été recrutée à partir de Hong Kong pour travailler dans une famille au Canada. La bonne d'enfants, Mme  Leticia Sarmiento, croyait qu'elle détenait un permis de travail valide au Canada. On lui avait promis qu'elle aurait congé le dimanche et les jours fériés et qu'elle aurait droit à sept jours de congé payé par année. On lui avait également assuré qu'elle aurait un horaire de travail raisonnable et qu'elle conserverait elle-même son passeport. En réalité, elle a été obligée de s'occuper de trois enfants de moins de six ans et de toutes les tâches ménagères. Elle n'avait aucun jour de congé. Elle devait travailler de 7 h à 23 h. Elle n'avait pas le droit de quitter la maison sans être accompagnée de ses employeurs et lorsqu'elle était à l'extérieur, il ne lui était pas permis de parler à qui que ce soit. Son passeport lui avait été confisqué par ses employeurs.

En fait, Mme  Sarmiento avait été amenée au Canada en tant que visiteur temporaire et n'était donc pas autorisée à y travailler. Lorsque son visa de visiteur temporaire a expiré, elle s'est retrouvée en situation d'illégalité au pays; ses employeurs en ont profité pour augmenter leur domination, en lui faisant croire qu'elle finirait en prison si les autorités canadiennes découvraient l'endroit où elle se trouvait. Ses employeurs lui ont aussi fait de fausses promesses en l'assurant qu'ils l'aideraient à obtenir son statut de résident permanent afin qu'elle puisse faire venir sa famille des Philippines.

Écoutez l'audio suivante dans laquelle le professeur Benjamin Perrin aborde la question de la traite de personnes aux fins de travail forcé au Canada.

Travail forcé au Canada.  Benjamin Perrin, Professeur adjoint, faculté de droit, Université de la Colonbie-Britannique

Le Bureau de lutte contre la traite des personnes (OCTIP) de la Colombie-Britannique est au courant des cas de traite à des fins de travail forcé, notamment d'un cas où un certain nombre de cuisiniers ont été recrutés dans leur pays d'origine comme travailleurs étrangers temporaires au Canada à des fins d'exploitation. Ces hommes devaient payer des frais importants à leurs trafiquants pour couvrir les frais judiciaires et le voyage. Ils étaient forcés à travailler 72 heures par semaine et durant les jours fériés, subissaient des menaces s'ils se plaignaient et n'étaient pas autorisés à téléphoner chez eux. Certains de ces travailleurs étaient confinés dans une maison et plusieurs d'entre eux s'étaient fait confisquer leurs documents d'immigration.

En 2009, plusieurs femmes ont été amenées au Canada à partir des Philippines sous une fausse promesse de travail en tant que bonnes d'enfants. À leur arrivée à l'aéroport de Vancouver, les bonnes d'enfants ont été contraintes de verser 4 000 $ à la famille comme « droit d'entrée » au Canada. L'homme qui est venu à leur rencontre leur a dit qu'elles seraient dénoncées aux autorités et renvoyées dans leur pays d'origine si elles refusaient de payer et il leur a retiré leur passeport. Les femmes ont découvert par la suite qu'elles travailleraient dans l'entreprise de services de garde d'enfants en milieu familial du couple plutôt que comme bonnes d'enfants, et elles ont également été contraintes de nettoyer des maisons en étant peu ou pas rémunérées pour leur travail.

Les travailleurs migrants au Canada

Pour obtenir plus de renseignements concernant la traite à des fins de travail au Canada, veuillez consulter la publication suivante du Conseil canadien pour les réfugiés sur les travailleurs migrants et la traite des personnes (PDF).

Pour obtenir plus de renseignements au sujet des programmes de travailleurs étrangers temporaires du gouvernement fédéral, veuillez consulter ce site Web.

 

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