Traite des personnes au Canada

Il est difficile de déterminer avec exactitude le nombre de victimes de la traite en provenance d'autres pays, ou encore le nombre de celles qui sont déplacées à l'extérieur du pays ou d'un endroit à un autre à l'intérieur des frontières canadiennes, et ce, pour plusieurs raisons :

  • Il s'agit d'un crime clandestin.
  • La plupart des personnes victimes de la traite sont réticentes à se manifester.
  • Il est difficile pour les fournisseurs de services et le grand public d'identifier les personnes victimes de la traite, car il y a un manque de sensibilisation aux indicateurs de la traite.
  • On confond souvent la traite des personnes avec le passage de clandestins ou avec d'autres crimes ou activités.

Même sans connaître les chiffres exacts, il est communément reconnu que la traite des personnes a cours au Canada.

Selon le Plan d'action national de lutte contre la traite de personnes : Il est impossible de connaître avec certitude toute l'ampleur et l'incidence de ce problème à l'échelle internationale ou canadienne. Nous savons que les femmes et les enfants constituent les victimes de choix, très souvent à des fins d'exploitation sexuelle, mais également de travail forcé. Les hommes ne sont cependant pas à l'abri. 

Mon Histoire: Mon trafiquant m’a entraînée à capturer d’autres filles. Il voulait que je flirte avec elles et que je devienne leur amie, que je leur donne mon numéro de téléphone et les invite à des fêtes. Parfois, il venait aux fêtes et les invitait à venir fumer du pot avec nous. Environ la moitié d’entre elles acceptaient. Il m’avait dit que si je capturais d’autres filles, je n’aurais pas besoin de travailler autant. Je leur disais toujours de se sauver. – ChristinaLa traite de personnes, au pays ou à l'étranger, est en outre difficile à évaluer, par la nature secrète de ces infractions, la réticence des victimes et des témoins à se présenter devant les organismes d'application de la loi et la difficulté pratique à reconnaître les victimes. Ces cas passent souvent inaperçus et ne sont pas signalés en raison de la manipulation, de la peur et des menaces, ainsi qu'à cause de la honte, de la barrière linguistique ou de la méfiance à l'égard des autorités. 

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Département d'État américain rapportent que :

• Les femmes et jeunes filles canadiennes sont exploitées sexuellement à travers le pays et les femmes et jeunes filles des communautés autochtones ainsi que les mineurs sous las
responsabilité d'organismes de protection de la jeunesse sont particulièrement vulnérables.

• Les femmes venant de pays étrangers, principalement de l'Asie et de l'Europe de l'Est, sont également des victimes destinées à des fins d'exploitation sexuelle, souvent pour des maisons closes ou des studios de massage.
 

• Les responsables de l'application de la loi continuent à signaler que les gangs de rue locaux et les organisations criminelles transnationales sont impliqués dans le trafic à des fins d'exploitation sexuelle dans les centres urbains.

• Les victimes de la traite des personnes à des fins de travail comprennent des travailleurs étrangers d'Europe de l'Est, d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique entrés légalement au Canada, parfois par l'intermédiaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires, mais qui sont ensuite soumis au travail forcé dans le domaine de l'agriculture ou de la construction. Ils sont également utilisés dans des usines de traitement, dans des restaurants, dans le secteur de l'accueil et du tourisme ou encore, en tant que travailleurs domestiques.

Dans le rapport Annual Trafficking in Persons Report du Département d'État américain, le Canada est désigné comme :

  • Un pays source – un pays dont les citoyens sont victimes de la traite, soit à l'échelle internationale soit à l'échelle nationale.
  • Un pays de transit – un pays par lequel les personnes victimes de la traite à l'échelle internationale transitent vers une autre destination.
  • Un pays de destination – un pays où les personnes victimes de la traite à l'échelle internationale sont reçues et exploitées.

Dans son livre Invisible Chains: Canada's Underground World of Human Trafficking, Benjamin Perrin, professeur à l'Université de la Colombie-Britannique, conclut également que « La traite de personnes au Canada comprend l'exploitation sexuelle et le travail forcé de divers types de victimes : les citoyens canadiens et les nouveaux arrivants, les adultes et les enfants, les femmes et les hommes. 

 

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