Pourquoi les victimes restent-elles? La dynamique de la traite des personnes

Les trafiquants créent un climat de peur qui contribue à leur capacité de contrôle sur la victime de la traite. Une victime peut rester dans une situation de traite – ne pas aller voir la police, ne pas essayer de trouver de l'aide ailleurs, ne pas rentrer chez elle – pour bon nombre de raisons complexes, notamment :

  • Peur
    Certains trafiquants vont enfermer ou emprisonner leurs victimes pour les contrôler, mais ils peuvent aussi utiliser d'autres méthodes telles que les menaces de violence ou l'agression sexuelle. Une personne qui a peur pour elle-même ou pour ses proches fera très probablement ce qu'on lui dit de faire. Si elle essaie de s'en aller, le trafiquant peut faire réellement preuve de violence pour garder son contrôle.

    Pour contrôler une personne qui est entrée dans un autre pays de façon illégale, un trafiquant peut avoir recours à la crainte liée à une arrestation et une expulsion pour l'empêcher d'aller voir les autorités. Elle peut aussi avoir peur de rentrer dans son pays, ou peur de ne pas pouvoir rembourser sa dette au trafiquant.
  • Servitude pour dettes
    De nombreuses personnes victimes de la traite doivent de l'argent au trafiquant pour toutes sortes de raisons, que ce soit le transport, les frais de visa, le passage de la frontière sans problème, de la nourriture, des vêtements, le logement ou des drogues, et celui-ci attend un remboursement de ces frais. Un trafiquant peut augmenter à tout moment et de façon arbitraire le montant que lui doit la personne victime de la traite, lui promettant qu'elle sera libre dès que la dette sera remboursée, ce qui peut ne jamais se produire.

    Et il existe aussi d'autres types de dettes. Parfois, la famille et les amis ont fait de gros sacrifices pour aider à payer les frais engagés par une personne victime de la traite pour se rendre dans un nouveau pays ou une nouvelle ville, et la victime peut se sentir responsable du remboursement de cette dette. Autre possibilité, la personne peut être la seule bouée de sauvetage de sa famille : tout ce qu'elle peut lui envoyer peut être crucial pour sa survie.

    Les personnes victimes de la traite ont aussi peur que, si elles ne parviennent pas à rembourser leur dette, elles ou leurs familles feront face à des conséquences violentes de la part des trafiquants. Les trafiquants ont souvent recours à des menaces de mauvais traitements, d'arrestation et d'expulsion si les victimes ne remboursent par leurs dettes.
     
  • Mon Histoire: J’avais honte; j’avis exercé une telle pression sur ma famille que je me sentais mal de revenir. Ils n’auraient pas été contents de me revoir. J’ai prononcé beaucoup de paroles blessantes et je les ai accusés de tous mes malheurs. Lorsque je me regardais dans un miroir, je me trouvais vraiment laide. J’étais en train de me perdre et de m’éloigner de la personne que j’étais avant. J’étais une personne heureuse et dynamique avant de devenir profondément malheureuse et d’avoir honte des maltraitances dont j’étais victime. Je voulais que personne ne sache ce qu’on me faisait subir. – ChristinaDépendance et isolement
    Une personne seule – sans famille, sans amis – se trouvant dans un endroit peu familier où elle ne connaît pas nécessairement la langue, les lois locales ou les coutumes peut finir par penser que son trafiquant est son seul soutien. Son trafiquant peut lui interdire de parler, voire d'établir un contact visuel, avec d'autres personnes, ou l'empêcher de se déplacer, si bien qu'elle ne fait la connaissance de personne d'autre. Le trafiquant peut aussi garder son passeport et d'autres documents d'identité en garantie, voire la rendre dépendante aux drogues ou à l'alcool afin d'avoir un contrôle total sur elle.

    Il est particulièrement facile de rendre dépendant et « invisible » un enfant qui a été victime de la traite par un isolement extrême ou dans un environnement où de nombreuses personnes – entre autres des membres de sa famille et de sa collectivité – participent à l'exploitation.
     
  • Honte et culpabilité
    Une personne qui a été victime de la traite peut avoir été agressée sexuellement par son trafiquant ou d'autres personnes, peut se retrouver enceinte ou dépendante de drogues, ou avoir contracté une infection transmise sexuellement. Elle peut se sentir trop honteuse et coupable pour en parler aux autorités, ou pour aller retrouver ses amis et sa famille. Les hommes qui ont été exploités éprouvent souvent une certaine honte; cela vient du fait qu'il est peu admis que les hommes peuvent également être victimes de la traite.
     
  • Croyance religieuse
    Un trafiquant peut utiliser des croyances religieuses pour contrôler une personne victime de la traite. Par exemple, dans certains pays d'Afrique centrale, un grand nombre de personnes pensent que si quelqu'un d'autre a en sa possession un échantillon de leurs cheveux, d'ongle ou de peau, cette personne peut également contrôler leur corps.

Confrontation avec la réalité – Lorsque vous lisez le terme « traite des personnes » maintenant, en comprenez-vous mieux la signification? Pensez-vous avoir déjà rencontré une personne victime de votre travail? Qu’est-ce qui vous fait dire ça? D’après vous, quels sont les facteurs qui ont redu cette personne vulnérable à la traite?

 

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