Élément 3 : Le but de l'exploitation, soit les raisons pour lesquelles les

La ou les fins à laquelle ou auxquelles les trafiquants utilisent les personnes victimes de la traite peuvent varier, mais le but premier de tous les trafiquants est identique : exploiter d'autres êtres humains en vue d'en tirer un profit, qu'il s'agisse d'un gain financier ou d'un avantage matériel.

Les trafiquants exploitent d'autres personnes pour diverses raisons :

  • Exploitation sexuelle
    Une personne victime d'exploitation sexuelle est forcée d'accomplir des actes sexuels contre son gré pour le bénéfice financier ou matériel du trafiquant.
     
  • Travail forcé
    « Tout travail ou service exigé d'un individu sous la menace d'une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s'est pas offert de plein gré » (Convention sur le travail forcé de l'Organisation internationale du Travail). Dans le cadre de la traite des personnes, une personne victime de traite relative au travail forcé est contrainte à travailler en étant payée très peu, voire pas du tout, ou en recevant un salaire complet, mais en étant obligée par la suite d'en rendre la plus grande partie au trafiquant, en argent liquide.
 

Mariage forcé

Le mariage forcé est une atteinte aux droits de l'homme qui s'apparente à la traite des personnes. Dans le cadre d'un mariage forcé, l'un des époux ou les deux se voient imposer de se marier ou de demeurer mariés par la contrainte ou la tromperie. Une fois marié contre son gré, un conjoint peut être contrôlé par l'autre conjoint – et parfois par sa famille élargie – et être contraint à la servitude domestique ou à la prostitution, et dans certains cas aux deux. Les menaces, les maltraitances ou les pratiques analogues à l'esclavage dont peuvent faire l'objet les personnes mariées contre leur gré sont similaires à celles des personnes victimes de la traite. Pour en savoir plus sur le mariage forcé au Canada, visitez le site www.forcedmarriages.ca.

Le travail peut se dérouler dans un cadre légitime, par exemple une ferme, une usine ou un restaurant, ou dans un cadre illégal, par exemple un laboratoire de drogues ou un atelier clandestin.

Le travail forcé pourrait aussi impliquer l'utilisation d'une personne comme passeur de drogue – forcée à transporter et à livrer des drogues – parfois au-delà de frontières internationales. Les enfants sont souvent exploités de cette manière. En fait, plusieurs garçons du Honduras ont été forcés par des trafiquants à vendre des drogues dans les rues de Vancouver.

Souvent, les personnes contraintes au travail habitent et travaillent au même endroit, et elles travaillent dans des conditions inadmissibles, insalubres et dangereuses, avec très peu d'équipement de protection, voire aucun.

Le Rapport mondial sur la traite des personnes 2012 des Nations Unies décrit la pratique du travail forcé dans les Amériques de la manière suivante : « Le travail forcé est monnaie courante dans les Amériques, représentant 44 % des cas détectés. L’exploitation sexuelle est présente dans un peu plus de la moitié des cas. Les personnes de sexe féminin sont les principales victimes et les enfants représentent environ 27 % des victimes détectées dans cette région. »

  • Servitude domestique
    La servitude domestique est une forme de travail forcé définie comme de l'esclavage ou de l'asservissement.

    Une personne victime de servitude domestique peut être forcée à nettoyer la maison, à s'occuper de la lessive, à cuisiner les repas, à entretenir les pelouses et les jardins, ou à garder les enfants, les personnes âgées et les animaux de compagnie. La plupart des personnes victimes de servitude domestique sont tenues d'être disponibles en tout temps et de travailler chaque jour, contre un salaire faible, voire inexistant, et elles sont souvent victimes d'abus verbaux, physiques et sexuels de la part des personnes du foyer. Il se peut que la victime n'ait aucun contrôle sur ses documents de voyage ou d'identité, par exemple son passeport, qui peut avoir été confisqué par l'employeur ou le trafiquant.

Mon Histoire: Mon père m’a d’abord forcée à me marier à l’âge de 18 ans environ. Mon mari m’a donné un nouveau prénom, Sharon, et sa famille a coupé mes longs cheveux et m’a obligée à porter des jupes. Après avoir en deux enfants, on m’a forcée à mettre fin à ma troisième grossesse. J’ai réussi à quitter mon mari et à m’enfuir avec mes deux enfants, seulement pour me retrouver devant un autre mariage arrangé par ma sœur… En fin de compte, je ne représentais qu’un passeport canadien pour le neveu de son mari. – Neha

  • Prélèvement d'organes de force ou sous la contrainte
    Les reins, les foies et les cœurs sont en très forte demande partout dans le monde pour les personnes ayant besoin d'une greffe mais qui ne trouvent pas de donneur d'organe légitime.

    Le prélèvement d'organes est souvent réalisé dans des cliniques clandestines, avec peu ou pas d'attention accordée aux soins postopératoires de la victime. L'organe est ensuite vendu sur le marché noir international pour d'importantes sommes d'argent; si la victime survit à la chirurgie, elle recevra peut-être une part très minime de cet argent.

Canadiens impliqués dans un trafic d'organes au Kosovo

Jonathan Ratel, un procureur canadien en mission pour l'Union européenne dans les Balkans, a mené une célèbre enquête sur un trafic d'organes au Kosovo. Cette affaire a révélé qu'au moins 24 greffes de rein impliquant 48 personnes (donneurs et receveurs) ont été pratiquées en 2008 et 2009. En échange d'un de ses reins, chaque donneur d'organe devait recevoir entre 10 000 et 12 000 dollars, mais bon nombre d'entre eux n'ont jamais été payés. Les receveurs, quant à eux, déboursaient jusqu'à 170 000 dollars pour la procédure, et on pense que ces greffes ont rapporté aux accusés 1 million de dollars. Parmi la centaine de témoins présents au procès figure un ressortissant canadien qui a avoué avoir acheté un rein sur le marché noir international.

 

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