Élément 1 : L'action ou les actions de la traite des personnes

Une personne devient un trafiquant si elle agit de la manière suivante dans un but d'exploitation :

  • Elle recrute une personne aux fins d'exploitation.
  • Elle transporte ou transfère une personne.

    Le transport consiste au déplacement d'une personne à un autre endroit en vue de l'exploiter. Une personne victime de la traite peut voyager normalement – et légalement, avec un passeport si elle traverse une frontière – en autobus, en voiture, en avion ou en train, ou par tout autre moyen de transport. Dans d'autres cas, pour éviter les risques, le trafiquant peut forcer la personne à voyager illégalement et de manière dangereuse et pénible, notamment dans le coffre d'une voiture.

    On parle de transfert lorsque la personne victime de la traite est transférée d'une personne à une autre.
     
  • Elle héberge ou accueille une personne aux fins d'exploitation. On parle d'hébergement ou d'accueil de personnes lorsqu'un trafiquant cache ou enferme une personne victime de la traite, et la garde sous son contrôle, en vue de l'exploiter

Les femmes en tant que trafiquantes

Parfois, la seule façon de survivre qu'ont les femmes coincées dans des situations d'exploitation, c'est de se hisser dans la hiérarchie et de devenir des trafiquantes elles-mêmes.

Un rapport récent sur la traite des personnes publié par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime indique que les femmes jouent un rôle important en tant que coupables de la traite. En effet, en Europe, les femmes sont condamnées pour traite des personnes plus souvent que pour n'importe quel autre crime. Le rapport mentionne également que bon nombre des femmes trafiquantes ont déjà été elles-mêmes victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle.

Mon Histoire: Je me suis rendue au Canada où j’ai été accueillie par mon employeur qui m’a emmenée dans une petite ville. Il m’a immédiatement confisqué mon passeport et mes documents d’identité, et on m’a dit que je ferais le ménage dans la maison cinq jours par semaine et que je travaillerais également deux jours par semaine dans l’entreprise familiale. J’étais forcée de faire de longues heures de travail sans être payée et de dormir par terre dans la résidence familiale. – Karen

Le Protocole contre la traite des personnes précise que l'offre ou la réception de paiements ou d'avantages « pour obtenir le consentement d'une personne ayant autorité sur une autre » constitue un acte relevant de la traite des personnes. Quiconque achète une personne victime de la traite à un trafiquant en vue de l'exploiter est un trafiquant.

Information supplémentaire au sujet des trafiquants et de l'acte relevant de la traite des personnes

Les trafiquants font souvent partie d'un groupe, et on sait que les réseaux du crime organisé à l'échelle mondiale participent à la traite des personnes, y compris ici au Canada.

Le rapport de 2010 de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), intitulé Projet SECLUSION : La traite de personnes au Canada, indique que « des réseaux du crime organisé ayant des liens avec l'Europe de l'Est participent à l'introduction organisée au Canada de femmes de pays de l'Europe de l'Est, pour les employer dans des agences d'hôtesses de la région du Grand Toronto, et peut-être dans des studios de massage et des agences d'hôtesses de la région de Montréal ».
 

Personne ne peut consentir à être exploité

En vertu du Protocole contre la traite des personnes, il n'y a pas consentement à l'exploitation si un ou plusieurs des moyens inclus dans le Protocole contre la traite des personnes ont été utilisés. Par exemple, si vous vous rappelez l'étude de cas figurant au début de ce module, Marianna a accepté de déménager à Vancouver. Ses trafiquants pouvaient facilement dire qu'elle n'avait pas été victime de la traite, car elle avait consenti à venir au Canada. Marianna pensait toutefois qu'elle s'installait ici pour occuper un emploi légitime; à la place, elle a été dupée et contrainte – menacée avec violence – de travailler dans un laboratoire de drogues illicites contre sa volonté. Une telle conduite rend son consentement dénué de pertinence.

Toutefois, un trafiquant peut aussi être un professionnel travaillant avec un petit groupe semi-organisé ou un amateur travaillant seul. Un trafiquant peut être un étranger, un ami de la famille, un parent, un oncle, une sœur, un petit ami, un entrepreneur ou un diplomate, un criminel professionnel, ou encore un chef d'entreprise.

Le Rapport mondial sur la traite des personnes 2012 des Nations Unies (PDF) stipule que :

« Les informations émanant de plus de 50 pays montrent que les deux tiers environ des personnes poursuivies et/ou condamnées pour des actes de traite entre 2007 et 2010 sont des hommes. »

« Bien que la majorité des auteurs de la traite soient des hommes, la participation des femmes est plus importante dans ce type de criminalité que dans la plupart des autres infractions. »

« Les analyses statistiques révèlent que la participation des femmes à la traite est plus fréquente dans le cas de la traite des filles. [...] les femmes impliquées dans la traite jouent généralement un rôle subalterne au sein des réseaux et effectuent des tâches dans lesquelles elles risquent davantage d’être détectées et poursuivies que les hommes. »

La vidéo suivante est un communiqué d'intérêt public tiré de l'initiative UN.GIFT (Initiative mondiale des Nations Unies pour la lutte contre la traite des personnes).

Ouvrez vos yeux à la traite des êtres humains lien audio

 

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